Pierre Vetsch
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Raquettes ou ski de fond ? Quand un client me pose la question, je réponds en une phrase : pour un premier jour d'hiver près d'Interlaken, prenez les raquettes. Je le dis en moniteur de ski de formation, qui est quand même tombé sur sa première « loipe », une piste de ski de fond en Autriche, à la première petite descente. Avec des raquettes, un débutant marche à l'aise en 10 à 15 minutes. Avec des skis de fond, il lui faut une leçon, puis une saison. Voici les chiffres derrière cet avis : l'effort selon le Compendium of Physical Activities, les prix relevés à Isenfluh et à Grindelwald le 26 octobre 2026, et les endroits où pratiquer l'un ou l'autre à moins d'une heure d'Interlaken Ost.
Les raquettes, et de loin. En raquettes, vous marchez, les pieds un peu plus écartés que d'habitude, et toute la technique consiste à poser la raquette à plat. En ski de fond, il faut glisser avec le talon libre, pousser sur les bâtons et freiner sur des skis sans carres. C'est sur ce dernier point que la plupart des premières journées s'arrêtent.
L'écart se voit à la vitesse à laquelle les gens trouvent leurs repères. Sur le sentier bleu de Sulwald, au-dessus d'Isenfluh, où Pierre Vetsch guide nos matinées raquettes, un débutant marche normalement au bout de 10 à 15 minutes. L'erreur la plus fréquente : des pieds trop rapprochés, si bien qu'une raquette marche sur l'autre. Toute la méthode se trouve dans notre guide débuter en raquettes.
Le ski de fond n'offre pas ce raccourci. La technique classique demande une poussée, une glisse et un transfert du poids d'un ski à l'autre. Le skating exige encore plus d'équilibre. Quand Pierre a demandé conseil avant d'essayer, un moniteur de ski lui a répondu : prenez d'abord une leçon. Il ne l'a pas fait, et la suite vous dit comment ça s'est passé.
Pierre Vetsch, fondateur et guide principal, dit : quand un client hésite entre une première journée d'hiver en raquettes ou en ski de fond, sa réponse est « les raquettes, sans hésiter ». Pas parce que le ski serait mauvais. Un débutant en raquettes passe la matinée à regarder les montagnes, un débutant sur des skis étroits la passe à regarder ses pieds.

Le ski de fond dépense plus par heure, à l'allure où les gens skient vraiment. Mais dans la neige fraîche, ce sont les raquettes qui deviennent l'effort le plus dur. Le Compendium of Physical Activities 2024 évalue la raquette à allure modérée à 5,3 MET, la raquette intense à 10,0, et le ski de fond à 6,8 en allure lente, 8,5 en allure modérée et 11,3 en allure soutenue.
Un MET est un multiple de l'énergie dépensée assis au repos : 8,5 MET, c'est environ huit fois et demie votre dépense au repos. Pour comparer, le même compendium place le ski alpin modéré à 6,3 MET et la randonnée lente à 3,8. Sur un sentier damé, la raquette se situe entre la randonnée et une journée de ski. Sur une piste de fond, le ski de fond dépasse les deux, d'où sa réputation de sport le plus exigeant sur la neige.
Ce qui compte, un vrai matin, c'est la neige sous vos pieds. Quand on lui demande ce qui fatigue le plus un client en une heure, la raquette hors trace dans la neige fraîche ou le ski de fond sur piste, Pierre choisit la neige fraîche. Sur la boucle de Sulwald, le moment où le groupe souffle le plus fort est toujours hors trace, dans la neige fraîche, jamais sur le sentier tassé. Notre article les raquettes, est-ce difficile ? détaille tout cela, genoux compris.
Le saviez-vous ? Le Compendium of Physical Activities, tenu par des chercheurs de l'Arizona State University et leurs partenaires, classe le ski de fond à 16,0 MET pour les coureurs d'élite à 12 à 16 mph, dans la même tranche que le patinage de vitesse en compétition. Personne ne skie comme ça sur la piste de Grindelwald, et vous n'en avez pas besoin.

La raquette se pratique sur des sentiers balisés au-dessus des vallées, le ski de fond sur des pistes damées en fond de vallée. Depuis Interlaken Ost, l'horaire suisse du 15 janvier 2027 donne 43 minutes jusqu'à la télécabine d'Isenfluh et 36 minutes jusqu'à Grindelwald. Les deux se font donc dans la matinée, et sans voiture.
Pour les raquettes, notre guide des sentiers raquettes autour d'Interlaken recense 12 sentiers balisés dans huit secteurs. Celui que nous faisons avec nos clients est le sentier bleu de Sulwald, au-dessus d'Isenfluh : environ une heure de marche pour 170 m de montée, accessible par la petite télécabine rouge d'Isenfluh. Le sentier de Chänelegg, à Mürren, est celui de la toute première sortie de Pierre en raquettes, seul, et c'est celui qu'il conseille pour un premier jour sans guide.
Pour le ski de fond, Pierre envoie ses clients sur la piste de Grindelwald, dans la vallée au pied de l'Eiger. Selon Grindelwald Tourisme, elle compte 9 km de piste classique et 10,5 km de piste de skating, avec un petit vestiaire au golf d'Aspi, sans douches, et elle s'utilise de jour seulement, faute de piste éclairée le soir. Lauterbrunnen Tourisme annonce aussi une piste classique et skating en fond de vallée, entre les falaises, sans en publier la longueur. Le 26 octobre 2026, la page de Grindelwald affiche encore « fermé, fin de saison » et annonce l'hiver 2026/27 : vérifiez-la avant de partir.
Conseil d'initié : la piste de Grindelwald est assez plate pour un débutant, mais ça reste une piste de fond, avec ces descentes sans frein qui ont piégé Pierre. Si vous voulez une première glisse avec un filet de sécurité, Grindelwald liste des écoles de ski de fond et l'École suisse de ski à côté des magasins de sport. Une leçon d'une heure y coûte moins cher qu'une journée de chutes.

En raquettes, comptez CHF 16 pour l'aller-retour en télécabine à Isenfluh plus CHF 15 pour les raquettes. En ski de fond, CHF 10 pour la carte journalière de Grindelwald plus la location des skis, dont les magasins donnent le prix sur place. Les deux comptent parmi les façons les moins chères de passer une journée d'hiver dans la région, et restent bien en dessous d'un forfait de ski.
Voici la comparaison telle que relevée le 26 octobre 2026. Chaque chiffre est repris dans le texte sous le tableau.

Côté raquettes, la télécabine d'Isenfluh demande CHF 10 l'aller simple et CHF 16 l'aller-retour pour un adulte, CHF 5 et CHF 8 pour un enfant, avec des tarifs de groupe dès six personnes, selon son site le 26 octobre 2026. La télécabine loue des luges à CHF 7 et un Velogemel à CHF 8, mais pas de raquettes. Louez-les donc à Interlaken : Swiss Alpine Guides, à Matten, affiche les raquettes à CHF 15 et les bâtons à CHF 10 pour le premier jour, relevé le même jour. La liste complète de l'équipement est dans notre guide comment s'habiller pour la raquette.
Côté ski, Grindelwald Tourisme vend une carte journalière de piste à CHF 10, une semaine à CHF 35, un abonnement de saison Grindelwald à CHF 50 et le passeport suisse de ski de fond à CHF 160. Ce dernier est valable sur les 160 organisations de pistes que recense Loipen Schweiz, et un franc par passeport va au ski des jeunes. Avec la carte d'hôte de Grindelwald, que les hôtels remettent à leurs clients qui passent la nuit, la piste est gratuite. Skis, chaussures et bâtons se louent dans les magasins de sport du village, et aucun ne publie de prix de ski de fond sur la page de l'office du tourisme : il faudra demander.
Pierre dit : ses propres matinées raquettes coûtent CHF 129 par personne, CHF 119 dès six personnes. Quand un client hésite devant le prix, il détaille ce qui est compris : le transport depuis Interlaken, la télécabine, les raquettes et les bâtons, le guide et la fondue en haut. La plupart font le calcul eux-mêmes et n'hésitent plus.

Il est tombé à la première descente. Pierre Vetsch est moniteur de ski de formation, Landesskilehrer autrichien, et il pensait que ses acquis de ski alpin suffiraient sur une piste de fond en Autriche. Ce n'était pas le cas. Les skis lui semblaient trop étroits pour tenir une trajectoire, il n'y a pas de carres pour freiner, et à la première petite pente, il est tombé.
Cette chute est ce qu'il y a de plus utile dans cet article, parce que c'est exactement l'erreur qu'il voit les visiteurs commettre au moment de choisir. Quand on lui demande ce que les gens comprennent mal entre les deux sports, il répond qu'ils croient le ski de fond facile, « du ski sur le plat ». Alors ils sautent la leçon et passent l'heure par terre. Le plat n'est pas le problème. La douce descente au bout du plat, si.
Un moniteur de ski lui avait conseillé de prendre d'abord une leçon. Nos propres pages sur le ski près d'Interlaken disent la même chose du ski alpin, et pour cause : en Suisse, un premier jour avec un moniteur coûte moins cher qu'un premier jour chez le physiothérapeute. En raquettes, au contraire, Pierre compte zéro chute par sortie guidée sur la boucle de Sulwald, sur tout un hiver.
Pierre dit : de cette journée en Autriche, il garde une seule phrase, celle du moniteur. « Prenez d'abord une leçon. » Il la dirait à tout client qui veut essayer le ski de fond à Grindelwald, et il la dirait avant la location des skis, pas après.

Les raquettes gagnent pour un premier jour, le ski de fond pour un deuxième hiver. Si vous avez une matinée près d'Interlaken, aucune expérience, et l'envie d'être en montagne plutôt que sur une boucle de vallée, louez des raquettes ou rejoignez une sortie guidée. Si vous vivez ici, ou revenez chaque année, le ski de fond est le meilleur pari sur la durée : plus rapide, plus sportif, et la piste de Grindelwald coûte CHF 10 la journée.
Trois faits tranchent la question pour un débutant. D'abord, le temps pour être à l'aise : 10 à 15 minutes en raquettes, contre une leçon en ski. Ensuite, où vous allez : les sentiers raquettes montent vers des lieux comme Sulwald et Chänelegg, avec l'Eiger en vue, alors que les pistes de fond restent par nature en fond de vallée. Enfin, le risque : en raquettes, une chute revient à s'asseoir dans la neige molle, et nous n'en voyons pas sur le sentier bleu. En ski de fond, on tombe en vitesse sur une piste dure.
Les arguments pour le ski tiennent aussi. Sur une piste damée, vous parcourez 9 km pendant qu'un groupe en raquettes en fait trois, l'effort est plus grand dès que vous dépassez l'allure de promenade, et une fois la glisse acquise, c'est la façon la plus élégante de se déplacer sur la neige. Ce déclic arrive rarement le premier jour. Notre guide des activités d'hiver à Interlaken range les deux parmi les façons de passer une journée sans forfait de ski.
Conseil d'initié : si la piste de fond vous tente, gardez-la pour la seconde moitié du séjour. Faites d'abord la raquette, pour avoir une matinée en montagne en poche. Réservez ensuite une leçon d'une heure de ski de fond à Grindelwald et achetez la carte journalière à CHF 10 après, pas avant. Si la leçon vous montre que la glisse n'est pas pour vous, vous avez perdu une heure, pas une journée.

Le manque de neige pénalise d'abord le ski de fond, parce qu'une piste a besoin d'une base damée, alors qu'un sentier raquettes fonctionne avec quelques jours de neige fraîche. La règle de Pierre : vérifier la veille. Sulwald lui dit combien de neige fraîche est tombée, et Peter, à la cabine d'Isenfluh, lui donne la température en haut, l'état de la neige et le vent.
Pour le ski, Grindelwald Tourisme publie un bulletin des pistes de fond sur la même page que les cartes, et la piste était indiquée « fermé, fin de saison » le 26 octobre 2026, en attendant l'ouverture 2026/27. Début décembre, avec une base mince, ce bulletin décide de votre matinée. Pour les raquettes, le risque est inversé : trop peu de neige sur le sentier, c'est de la glace et des cailloux sous la raquette. C'est pourquoi notre guide de sécurité en raquettes désigne le manque de neige comme le vrai danger au-dessus d'Isenfluh, pas les avalanches.
Faire les deux dans la même journée est possible sur le papier, Isenfluh le matin et Grindelwald l'après-midi. Mais en décembre, le jour tombe vers cinq heures, et les deux vallées sont desservies par des lignes différentes depuis Interlaken Ost. Deux jours, un sport par jour : c'est la version qui marche. Le mois préféré de Pierre pour des sentiers calmes et le plus de soleil, c'est mars : la neige est encore profonde à Sulwald, et les pistes de vallée sont souvent déjà molles à midi.
Pierre dit : sur la boucle de Sulwald, il n'a jamais annulé que pour le vent et la pluie, jamais pour un risque d'avalanche, car le sentier bleu reste en terrain sûr. Le matin où il a fait demi-tour, c'était un jour de brouillard, quand les balises disparaissent. Les raquettes pardonnent beaucoup. Elles ne pardonnent pas de ne plus voir le jalon suivant.

Le ski de fond, aux allures que tiennent la plupart des gens. Le Compendium of Physical Activities 2024 place le ski de fond modéré à 8,5 MET contre 5,3 MET pour la raquette modérée. Une heure sur la piste de fond demande donc environ 60 % d'énergie de plus qu'une heure sur un sentier raquettes tassé. L'ordre s'inverse dans la neige fraîche : la raquette intense hors trace atteint 10,0 MET, au-dessus du chiffre du ski modéré. Pour une personne de 70 kg, 5,3 MET représentent environ 370 kcal par heure et 8,5 MET environ 600, selon la formule standard : MET multipliés par le poids en kilos, par heure. Prenez-les comme des ordres de grandeur, pas comme un régime : la pente, la neige et votre allure les font varier d'un tiers dans un sens ou dans l'autre.
Oui, et la plupart de ceux qui essaient ainsi passent la première heure à tomber. C'est ce qui est arrivé à Pierre en Autriche, malgré sa formation de skieur alpin. Les parties plates deviennent gérables après quelques centaines de mètres. Les descentes, non, parce que les skis de fond n'ont pas de carres métalliques et que le talon est libre. Grindelwald liste des écoles de ski de fond près de sa piste et vend la carte journalière à CHF 10 au vestiaire d'Aspi : l'ordre pratique, c'est la leçon, puis la carte. Si votre budget ne permet que l'un des deux, prenez la leçon et demandez à l'école si vous pouvez essayer ses skis pendant le cours. Un moniteur de ski a donné exactement ce conseil à Pierre, et il regrette de ne pas l'avoir suivi.
Non, pas sur un sentier ouvert et balisé comme le sentier bleu de Sulwald ou celui de Chänelegg au-dessus de Mürren, à condition d'y aller accompagné et de vérifier les conditions. La coopérative de la télécabine d'Isenfluh classe les sentiers bleus comme adaptés aux débutants, sans traversées ni passages raides. Ce qu'un guide apporte : la vérification locale du matin même, l'équipement, l'itinéraire un jour où les balises se voient mal, et la fondue. Notre guide de référence sur la raquette près d'Interlaken explique comment lire les couleurs des sentiers et à partir de quand un sentier rouge n'est plus une balade de débutant.
Les deux sont plus doux pour les genoux que le ski alpin ou la course à pied, et pour un débutant, la raquette est la plus douce des deux. Sur une piste de fond, les genoux travaillent dans la glisse et encaissent le choc d'une chute en vitesse. En raquettes, la raquette se pose à plat et la neige amortit le pas. Sur tout un hiver de matinées guidées sur la boucle de Sulwald, Pierre entend rarement un client se plaindre d'un genou à la descente, et la solution est celle de notre guide pour débutants : genoux fléchis, poids en arrière, petits pas. Si vous avez déjà un souci de genou, les bâtons aident dans les deux sports, et le sentier raquettes vous laisse choisir votre allure, ce que ne permet pas une piste damée avec d'autres skieurs derrière vous.

À ce stade, la crainte habituelle, c'est que la raquette soit le choix au rabais, celui des gens qui ne savent pas skier. Sur la boucle de Sulwald, cette crainte dure une dizaine de minutes, jusqu'à ce que le groupe entre dans la forêt et se taise. Ce dont les clients parlent après, c'est le silence, puis la fondue en haut. Le ski de fond sera encore là l'hiver prochain, avec une leçon réservée d'abord.
Si vous voulez vivre cette première matinée dans de bonnes conditions, avec la télécabine, les raquettes et les bâtons, un guide qui a vérifié la neige le jour même et une fondue en haut, rejoignez notre sortie raquettes avec fondue au fromage suisse au départ d'Interlaken, huit participants au maximum, dès 10 ans.

Comment cet article est fait : à partir de l'interview de Pierre du 26 octobre 2026, faits et prix vérifiés aux sources officielles le 26 octobre 2026, rédigé avec l'aide de l'IA.
Source : Grindelwald Tourisme, ski de fond, Loipen Schweiz, passeport suisse de ski de fond, Compendium of Physical Activities, activités d'hiver et les matinées raquettes guidées à Sulwald avec Swiss Local Adventures, 2025-2026.
*Écrit par Pierre Vetsch, fondateur et guide principal chez Swiss Local Adventures
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